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De l’Afrique à Sinnamary (Guyane Française) — Coëta Antoine (Coëta Golot), un yolof pour la France
Édition papier, 264 pages, format carré 21 × 21 cm. Quantité limitée, vente directe auprès de l’auteure.
65 €
Acheter sur CoollibriCe que nos familles n’ont pas dit
La généalogie en Guyane française : oralité, secret et transmission de la mémoire familiale. Édition papier, 60 pages, format carré 21 × 21 cm. Pour toute personne qui explore son histoire familiale, sans connaissance préalable requise.
25 €
Acheter sur CoollibriNouveau · Guyane · Décembre 2026
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De l’Afrique à Sinnamary
Extrait du livre
Le temps passe et nous avançons avec lui. Pourtant, lorsque je m’arrête un instant à la croisée des chemins, je prends conscience que notre mémoire et notre histoire s’étiolent peu à peu. Nous nous croisons parfois sans savoir que nous sommes du même sang, qu’une histoire, une personne ou un ancêtre nous est commun.
L’esclavage a profondément marqué notre rapport à la mémoire et à sa transmission. Privés, pour beaucoup, de la possibilité d’inscrire leur histoire dans des documents écrits, nos ancêtres ont confié leurs souvenirs, leurs savoirs et la connaissance de leurs origines à la parole. L’oralité est ainsi devenue un moyen essentiel de préserver et de transmettre l’héritage familial d’une génération à l’autre.
Longtemps, cette transmission orale fut naturelle et suffisante. Cependant, l’évolution de nos modes de vie, l’éloignement géographique et la dispersion des familles fragilisent peu à peu cette chaîne de mémoire. Avec le temps et la disparition de nos aînés, nous risquons de perdre une part essentielle de notre histoire, de nos savoirs et de la connaissance de nos origines.
« Un merci infini et éternel aux anciens qui m’ont ouvert certaines portes quand j’étais dans l’impasse et le doute. »
Nos Anciens Combattants
Dans cette descendance, nous ne devons pas oublier ceux qui se sont battus au nom de la France (Première Guerre mondiale, Seconde Guerre mondiale, guerre d’Indochine …), loin de leur terre natale et de leur famille, affrontant en plus un climat qu’ils ne connaissaient pas et qui pouvait se montrer rude.
- COËTA Ferdinand — matricule de recrutement 22 · classe de mobilisation 1891
- COËTA Félix Edgard Zouzou — matricule de recrutement 21 · classe de mobilisation 1893
- BANGO Pierre André — matricule de recrutement 17 · classe de mobilisation 1900
- BEAUFORT Amadis — matricule de recrutement 18 · classe de mobilisation 1900
- BANGO Corneille Line — matricule de recrutement 7 · classe de mobilisation 1902
- CLET Athanase Léodore — matricule de recrutement 24 · classe de mobilisation 1909
- ANTOINETTE Charles Philidor — matricule de recrutement 136 · classe de mobilisation 1910
- BERGILT Lux Emmanuel — matricule de recrutement 99 · classe de mobilisation 1910
- MADELEINE Fortuné — matricule de recrutement 131 · classe de mobilisation 1910 — sépulture nécropole militaire, tombe individuelle n°2341 à Zeïtenlick en Grèce (mort pour la France)
- MADELEINE Fidély Saint Hilaire — matricule de recrutement 81 · classe de mobilisation 1912
- COËTA Marcel Mérosine — matricule de recrutement 29 · classe de mobilisation 1912
- COËTA Clerville Léonce — matricule de recrutement — · classe de mobilisation —
- MADELEINE Eugène Marville — matricule de recrutement 93 · classe de mobilisation 1914 — sépulture n°23, tombe individuelle à Toulon, dans le Var (mort pour la France)
- COËTA Hermann Edol — matricule de recrutement — · classe de mobilisation —
- COËTA Maxime Idore — matricule de recrutement 108 · classe de mobilisation 1939
- BEAUFORT Cléry Septime — matricule de recrutement 18 · classe de mobilisation 1948
- BEAUFORT Saturnin André — matricule de recrutement 16 · classe de mobilisation 1950
- BANGO Jean Ludovic — matricule de recrutement 13 · classe de mobilisation 1951
- BEAUFORT Calixte Emile — matricule de recrutement 17 · classe de mobilisation 1951
Ce que nos familles n’ont pas dit
Extrait du livre
« À celles et ceux qui ont raconté, à celles et ceux qui se sont tus, et à celles et ceux qui chercheront après nous. »
Avant-propos
Faire de l’oralité une mémoire durable.
L’histoire de ma famille, comme celle de tant de familles guyanaises, s’est d’abord transmise par la parole. Les noms, les liens, les lieux, les départs et les silences ont longtemps reposé sur le récit des anciens. On se souvenait d’une grand-mère par une expression, d’un oncle par une anecdote, d’une branche familiale par le nom d’une commune ou d’un fleuve. On savait que certaines personnes étaient « de la famille », sans toujours pouvoir expliquer exactement comment. La mémoire circulait, vivante, mais rarement fixée.
Ce livre naît d’un désir simple : que cette parole ne disparaisse pas avec ceux qui la portaient. Il ne s’agit pas de remplacer la voix des aînés par des dossiers administratifs. Il s’agit de faire dialoguer les deux. L’oralité donne la chaleur, les nuances, les gestes et les émotions. Les archives donnent des dates, des lieux, des signatures, parfois des contradictions. Ensemble, elles permettent d’approcher une histoire plus juste.
Pendant plusieurs mois, j’ai consulté des documents civils et coloniaux, rapproché des actes, comparé des patronymes, interrogé des souvenirs et suivi plusieurs générations liées à la Guyane. Ce travail m’a appris que la généalogie n’est pas seulement l’art de remonter une lignée. Elle est aussi une manière de réparer des absences, de rendre une place à ceux que l’on avait oubliés et de transmettre sans honte ce qui avait été gardé dans l’ombre.
Cet ouvrage s’adresse à celles et ceux qui portent aujourd’hui les noms COËTA, COUËTA, MADELEINE, BANGO, BEAUFORT, CLET, HORTH, ANTOINETTE, MINGER, MINGÈRE, GOLITIN, TORVIC, MATHIAS, DACIEN, MÉTELLA, BACÉ, FERDINAND, MINIDOQUE, et bien d’autres encore ; à leurs descendants ; mais aussi à toute personne qui, en Guyane ou ailleurs, souhaite comprendre son histoire familiale. Aucune compétence préalable n’est nécessaire. Il suffit d’un nom, d’un souvenir, d’une photographie ou d’une question.
Vous ne trouverez pas ici la promesse de tout découvrir. Certaines archives ont disparu. Certaines filiations ne seront jamais prouvées. Certaines personnes ne voudront pas parler. La généalogie sérieuse accepte ces limites. Elle distingue ce qui est certain, ce qui est probable et ce qui demeure inconnu. Elle avance sans forcer les portes.
Ce livre est donc à la fois un essai sur la mémoire familiale, un guide de recherche et un cahier de transmission. Il défend une conviction : documenter une famille ne consiste pas seulement à remplir des cases. C’est restituer à chacun sa juste place dans une histoire commune.
Introduction — Pourquoi chercher ?
On commence rarement une généalogie par goût des dates. On commence parce qu’une question insiste. Pourquoi ce nom ne ressemble-t-il à aucun autre dans la famille ? D’où venait cette arrière-grand-mère dont on parlait si peu ? Pourquoi deux frères n’ont-ils pas porté le même patronyme ? Qui est l’homme au fond de la photographie ? Pourquoi une personne, pourtant connue de tous, n’apparaît-elle dans aucun arbre ?
Chercher ses ancêtres, c’est tenter de relier des fragments. Une date de naissance répond parfois à une question et en ouvre trois autres. Un acte de mariage révèle un métier, une adresse, des témoins. Une mention marginale raconte une reconnaissance tardive. Une signature tremblée donne soudain une présence à une personne restée jusque-là abstraite. L’archive la plus sèche peut devenir profondément humaine dès qu’on la replace dans une vie.
En Guyane, cette recherche présente une difficulté et une richesse particulières. Le territoire a été traversé par la colonisation, l’esclavage, le marronnage, les déplacements le long des fleuves, les migrations régionales et internationales, les changements de statut et les variations de noms. Les familles se sont formées dans des contextes où l’état civil ne regardait pas toutes les personnes de la même manière. Les traces peuvent être abondantes pour les uns, maigres ou biaisées pour les autres.
C’est pourquoi la généalogie guyanaise ne peut pas se limiter à recopier des actes. Elle doit apprendre à écouter les silences des documents. Elle doit accorder une place à la mémoire orale sans la transformer en certitude automatique. Elle doit replacer chaque information dans son contexte historique. Elle doit enfin respecter les vivants, car une découverte généalogique peut toucher à l’identité, à la filiation, à la honte, au deuil ou à la loyauté familiale.
Ce livre propose une démarche progressive. La première partie explore la mémoire orale et les secrets. La deuxième donne une méthode concrète pour enquêter. La troisième aborde les filiations et la légitimité. La quatrième examine plusieurs formes de secrets familiaux. La cinquième montre comment écrire et transmettre. La dernière partie rassemble des fiches pratiques.
Vous pouvez lire cet ouvrage dans l’ordre ou entrer directement par la question qui vous concerne. Gardez cependant une règle à l’esprit : toute recherche commence par ce que l’on sait aujourd’hui, puis remonte pas à pas. La patience n’est pas un obstacle à la généalogie. Elle en est la méthode.